On vous accuse d’escroquerie ou vous pensez être victime d’une escroquerie ? Voici ce que la loi dit — et comment vous défendre

Un faux conseiller financier, un vendeur qui disparaît avec votre acompte, une pseudo-autorité publique qui réclame un règlement urgent…

 L’escroquerie prend mille visages. C’est pourtant une infraction précisément définie par le droit pénal français, avec des conditions strictes — et des sanctions qui ne laissent aucune place à l’improvisation.

L’escroquerie, c’est quoi exactement ?

L’article 313-1 du Code pénal la définit comme le fait d’obtenir d’une personne la remise d’un bien, d’une somme d’argent ou la signature d’un acte qui l’engage.

Ce qui distingue l’escroquerie du vol ou de l’abus de confiance, c’est précisément cela : la victime remet la chose d’elle-même, mais son consentement est vicié par des procédés frauduleux.

La loi prévoit quatre moyens frauduleux:

  • Le faux nom — se présenter sous une identité inventée ou usurpée.
  • La fausse qualité — se faire passer pour un médecin, un agent de l’État, un professionnel agréé.
  • L’abus de qualité vraie — utiliser une position réelle (mandataire, représentant) pour obtenir une remise injustifiée.
  • Les manœuvres frauduleuses — tout stratagème allant au-delà du simple mensonge : mise en scène, complicités, faux documents, montage financier trompeur.

Un simple mensonge verbal, isolé, ne suffit pas à caractériser l’escroquerie.

 Il doit être renforcé par un acte positif extérieur — ou constituer en lui-même un faux nom ou une fausse qualité.

Quatre conditions à réunir pour que le délit soit constitué

La jurisprudence exige la réunion de quatre éléments cumulatifs :

  1. Un moyen frauduleux parmi les quatre prévus par la loi.
  1. Une remise — fonds, bien, service, ou acte juridique (contrat, reconnaissance de dette, quittance).
  1. Un préjudice — en principe patrimonial, parfois caractérisé par l’absence de consentement libre.
  1. Une intention frauduleuse — la volonté délibérée d’obtenir la remise par la tromperie. La négligence ou la bonne foi exclut l’infraction.

Des sanctions qui peuvent aller très loin

L’escroquerie simple est déjà sévèrement réprimée : 5 ans d’emprisonnement et 375 000 € d’amende.

Mais les peines s’alourdissent considérablement selon le profil de l’auteur ou de la victime :

  • 7 ans et 750 000 € lorsque la victime est une personne vulnérable, un organisme public ou de protection sociale, ou lorsque l’auteur abuse d’une autorité publique réelle ou prétendue.
  • 10 ans et 1 000 000 € en cas de bande organisée.

À ces peines principales s’ajoutent des peines complémentaires : interdiction d’exercer, fermeture d’établissement, privation de droits civiques.

La tentative d’escroquerie est également punissable dès lors que les manœuvres ont commencé, même si la remise n’a finalement pas eu lieu.

Victime ou mis en cause : pourquoi consulter un avocat sans attendre ?

Que vous souhaitiez porter plainte pour escroquerie ou que vous fassiez l’objet d’une mise en cause, chaque jour compte.

Du côté des victimes, les délais de prescription courent et les preuves peuvent disparaître.

Du côté des personnes poursuivies, la qualification retenue — et les circonstances aggravantes éventuelles — conditionnent l’ensemble de la stratégie de défense.

Maître BACHALARD accompagne ses clients à chaque étape : dépôt de plainte, instruction, audience correctionnelle.

La complexité de cette infraction — et l’éventail des sanctions encourues — rend l’assistance d’un avocat pénaliste indispensable.

Vous êtes concerné par une affaire d’escroquerie ?

Prenez rendez-vous pour une consultation.

Maître David Bachalard

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